Skip Navigation LinksPhèdre-Story

Dossier de Création (PDF)​

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La Note d'Intention

Traduire Phèdre : Une plaisanterie très sérieuse…

S'attaquer à Phèdre de Jean Racine, c'est s'en prendre à l'un des plus grands textes du théâtre français. De quel droit ? De celui de l'admiration que nous portons au texte original.

Nombreux sont ceux qui ont tenté avec des succès mitigés de "moderniser" Phèdre. Là n'est pas notre propos. A quoi bon jouer en costumes modernes un texte écrit au XVIIème siècle et que l'auteur a voulu situer dans la Grèce antique ? Les caractères et les passions mis en jeu par Racine n'ont nul besoin d'être "modernisés".

Si l'intrigue et les personnages défient le temps, il n'en va pas de même pour la langue. Racine faisait parler ses Grecs avec la grammaire et le vocabulaire de son siècle. L'alexandrin racinien trouvant dans la contrainte de la prosodie classique des voies nouvelles pour la liberté et la  violence est, hélas, aujourd'hui difficilement accessible aux jeunes générations. Phèdre Story, voudrait retrouver, vers à vers, ce qui fait la violence de la langue de Racine.

Prétendre traduire Phèdre, c'est au-delà de l'exercice de chansonnier, s'interroger sur ce que dit vraiment le texte, questionner tout à la fois le sens, le rythme et la musique des mots.

L'exercice de traduction pose en préalable une rigoureuse explication de texte.

Que raconte Phèdre ?

Des cités en bagarre les unes contre les autres, des races toujours opposées, un caïd défiant les dieux ou copinant avec eux, des femmes ambitieuses, séduites, violées, enfermées, dépossédées de leur propre désir.

Et si Phèdre et Aricie, prisonnières chacune à leur manière, ne tentaient que de secouer la burqa sociale qui les étouffe?

Et si Hippolyte ne trahissait que les premiers émois des amours adolescentes dans un monde marqué par une conception machiste de la virilité ?

Et si Racine, cherchant les ressorts de sa tragédie chez les Grecs, nous enseignait l'antique modernité de nos cités ?

La jeunesse des personnages, la violence des sentiments qui les dépassent, leur attachement au groupe, au clan, voire au gang auquel ils se doivent d'appartenir, sont autant d'éléments qui justifient que la traduction emprunte les mots et les images dont se nourrit l'imaginaire d'aujourd'hui.

Pétri de culture grecque et latine, Racine écrivait pour un public qui partageait ses références. Sa traduction en langage contemporain impose de rechercher les mythes susceptibles de faire sens dans notre monde moderne. De quel exploit un caïd d'aujourd'hui pourrait-il tirer sa légitimité ? Quelles formes ont pris les dieux qui imposent leur ordre et écrivent en secret nos destinées ? Dans quel Olympe se terrent-ils ?

Pourtant, combien même expliquerait-on tout de la tragédie de Racine qu'on resterait encore à mille lieux de ce qui en fait le génie si l'on en ignorait le vers. C'est le rythme, la musique et la respiration du texte, plus que les références aux dieux, qui confèrent à la tragédie sa dimension sacrée.

La traduction fait le pari que la poésie et l'émotion sont plus affaire de musique que de vocabulaire et que le langage d'aujourd'hui peut tenter d'en rendre compte.

Enfin, le lecteur rira peut-être à certains mots, à certaines expressions. Qu'il ne nous en tienne pas rigueur. Nulle dérision dans notre propos.

Si l'esprit de sérieux sied à Racine, il ne lui convient plus quand on lui met la perruque à l'envers. On sait depuis Gavroche que la gouaille, l'irrévérence et l'humour ne sont pas nécessairement ennemis de la tragédie. On sait également que le rire peut être aussi instrument de connaissance et d'apprentissage.

 

Dominique Lemaire, mai 2013.

 

Présentation du Projet artistique

Le Texte :

On a traduit Rabelais, on a modernisé Montaigne. Il est grand temps aujourd'hui d'entendre Phèdre la perruque à l'envers :

PHÈDRE

Quel fruit espères-tu de tant de violence ?

Tu frémiras d'horreur si je romps le silence.

OENONE

Et que me direz-vous qui ne cède, grands Dieux !

A l'horreur de vous voir expirer à mes yeux ?

PHÈDRE

Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,

Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.

OENONE

Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés,

Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,

Délivrez mon esprit de ce funeste doute.

PHÈDRE

Tu le veux. Lève-toi.

OENONE

                                       Parlez : je vous écoute.

Phèdre

Attends keske tu cherche(s) et pourquoi tu balances ?

Tu vas morfler top grave à casser mon silence.

Oenone

Ah parce que pour toi, sans rire il y a mieux

Que de te voir crever sans un pli sous mes yeux ?

Phèdre

Si je passe aux aveux tu vas péter un câble.

Je crèverai kif kif si je me mets à table.

Oenone

Ziva écoute-moi, pour toi j'ai trop chialé

On est frangines en vrai. Dis-moi ton gros secret.

Affranchis-moi, ma sœur, à la fin tu me broutes

Phèdre

Okay tu vas savoir.

Oenone

                                               Accouche je t'écoute.

 

Le Concept :

Phèdre Story fait le pari de rendre sensible, par une langue adaptée qui conserve le rythme et la scansion hypnotique des vers, ce qui fait le tragique et la modernité des passions décrites par la tragédie classique.

Phèdre Story voudra donner à entendre à ceux qui pratiquent la langue plébéienne à quel point les sentiments exprimés par les personnages de Racine peuvent-être proches de leur monde et de leur jeunesse.

A ceux qui ne jurent que par la "belle langue" Phèdre Story offrira à entendre la richesse des parlers populaires et leur puissance émotive.

"L'argot, qu'on y consente ou non, a sa syntaxe et sa poésie. C'est une langue. Si, à la difformité de certains vocables, on reconnaît qu'elle a été mâchée par Mandrin, à la splendeur de certaines métonymies, on sent que Villon l'a parlée."
                            Victor Hugo, Les misérables, Livre VII chapitre 1.

 

 

Action Culturelles / Projet Pédagogique

Ateliers scolaires à destination des élèves du second cycle

Phèdre recèle tout ce qui fait le succès d'une bonne série : Amour, pouvoir, sexe, mensonges et trahisons, coups de théâtre, poursuites et final ultra-violent...

Et pourtant, "number one" au top des lycées et collèges pour le quatrième siècle consécutif, Racine assomme trop souvent les jeunes gens de notre temps qui bâillent à ses vers. Il parle de leurs vies, mais ils ne l'entendent pas.

On a traduit Rabelais, on a modernisé Montaigne. Il est grand temps aujourd'hui de rendre à Racine sa force et son génie.

  • Ateliers d'écriture :
  • Décryptage de la langue classique. (Vocabulaire, références, fonction du rythme. Le « flow » racinien).
  • Recherche des équivalences thématiques (Nos dieux modernes, nos mythes collectifs, notre rapport à la destinée.)
  • Jeux de traduction en vers d'extraits de Phèdre (contraintes de prosodie, le rejet,  l'allitération, les licences poétiques...)
  • L'argot et ses règles : Verlan, largongi, louchebem, parlers régionaux... De Villon à Ronsard, de Prévert à Aragon, la langue française invente ses lois autant dans les livres que dans la rue.
  • Approche du jeu théâtral
  • Scansion du vers, respiration. Comment rendre compte à la fois du sens et la musique. Et quand la musique fait sens.
  • Techniques de mémorisation
  • Montage de textes produits en ateliers d'écriture.
  • Montage d'extraits de Phèdre « bilingue » en traduction simultanée.

Intervenant : Dominique Lemaire (Cf CV page équipe)

  • Modalité d'intervention
  •          Les ateliers dans le cadre scolaire sont facturés sur la base de 60 euros de l'heure par la Compagnie du Théâtre qui assure la rémunération de l'intervenant.
  •          Les interventions peuvent être couplées avec la présentation d'une lecture de Phèdre par la Compagnie du Théâtre, voire avec une résidence de la compagnie dans l'établissement.

À partir premier trimestre 2017, il sera possible de proposer une représentation de Phèdre Story en liaison avec un théâtre associé.

 

L'équipe

Dominique Lemaire : Traducteur / metteur en scène / Thésée

Ecrivain, il a publié une dizaine de romans et de nouvelles aux éditions Gallimard, l'Age d'Homme, l'Harmattan et l'Etrave. Comédien, il a animé la Cie Le Geste à la Parole et mis en scène de nombreux spectacles dont Le triomphe de la raison (coproduction Festival Mimos, Théâtre Antoine Vitez d'Ivry) et Money ! Money (coproduction Furies de Châlons, Le Fourneau de Brest) avec le soutien de la Drac Ile de France. Dans la rue, en salle ou en appartement, il est aussi Perrotin Lartiche, la littérature en Kit (Création de rue solo. Plus de 500 représentations. Toujours en exploitation.), le revenant de Jean Rictus, L'écrivain public (en tournée depuis 1987, allie le spectacle en rue, les lectures en salle et la création de fictions originales à l'écoute des populations des villes et des quartiers. Plus de cent nouvelles écrites. Trois recueils édités. Toujours en exploitation.

Céline Codogno : Comédienne / Phèdre

Formée au cours Simon (J. Guillot) puis auprès de J. S Prévost et la Cie Jolie Môme (Art de la rue), travaille aux côtés de Jean Davy, Michel Modo ou encore Michel Galabru. Est à l'origine de la Cie du Théâtre. Comédienne, elle sert Corneille, Molière, Racine, D. Fo et F. Rame, J. Anouilh, Goldoni, A. Christie… "Le théâtre comme un art de vivre... Prendre le bateau de ses rêves, mettre le cap sur la vie, avoir peur de tout et avancer, droit devant soi, voir la mer grossir... Ne jamais savoir si on a trouvé le bon port"...

Pierre Trouvé : Comédien / Polyte

Formé au CNR de Rennes il travaille et continue de se construire auprès d'OL. Poujol, JP. Dupuy, M Laignel et D. Pâris. Il travaille avec la Cie Bleu 202, les Enfants Perdus, la Cie Play... Il joue Racine, Tchekhov, Vian, Grimm, Perrault, Neruda, Guillén...Et plus loin d'ici Herobot ou The Loudest Shout pour SEP production à Dubaï, Singapour, Malaisie…"Le théâtre pour les tout petits et les tout grands, les presque pas petits et les presque déjà grands, pour tous les autres et aussi ceux-là... Le théâtre comme un lit pour rêver, un lit à aimer."

Johanne Quénot : Comédienne / Aricie

Formée au sein de l'ACTEA (P. Müller et V. Boucher) et licenciée en Arts du spectacle et en histoire de l'art.

De Shakespeare à G. Bourdet en passant par Molière et Salacrou, de la scène nationale d'Alençon à la Cie Bleu 202 en passant par le théâtre de rue, ses aventures théâtrales la conduisent jusqu'à la compagnie du théâtre en 2012. "Aller à la rencontre des mots, là où tout s'émoustille, là où tout raisonne en partition au creux des cœurs et des corps …  Donner, s'amuser, partager, écouter, chercher, mélanger les énergies…"

Ophélia Bard : Comédienne / Ismone

Formée à l'École Belle de Mai (J.C  Grinevald) et aux ACP (Manufacture Chanson à Paris), se perfectionne avec le Théâtre du Soleil (A. Mnouchkine), trouve son Clown avec Sylvain Maurice… De la Cartoucherie au Festival d'Aurillac en passant par les Cévennes, elle travaille avec Pierre Molina, Abbès Zahamani, Marc Jolivet… sert G. Sand ou C. Seignolle, chante Mozart, la gouaille ou les pays de l'est… "Le théâtre comme un chant qui nous enlève sur les ailes du temps au gré des vents qui font et défont les sentiers des hommes…"

Alexandre Colas : Comédien / Ter Ahmed

Reçoit sa formation au cours Simon (C. Jarrousseau), la poursuit avec J. S Prévost, travaille aux côtés de J. Mauclair (Antonio Barracano au théâtre du Marais)... Est à l'origine de la Cie du Théâtre. Comédien, il sert Diderot, E. de Philippo, D. Fo, Anouilh, Feydeau, Goldoni, Molière, Marivaux...  "Il faut jouer pour vivre, pour plus de justesse, d'émotions, de folie, de générosité... pour divertir, réfléchir, toucher… recevoir pour mieux donner... vivre pour jouer …"

Brigitte Bourneuf : Création costume

Se forme comme chez Greta Spectacle et à Kassel (Allemagne). Et c'est parti : De l'Opéra-Comique aux Chorégie d'Orange, de Canal+ au Cinéma, elle crée pour A. Mnouchkine, Ph. De Broca, A. Fontaine, P. Leconte,  A. Chabat, C. Huppert, T. Burton, O. Stone, B. Delepine et G. Kervern... "Le théâtre comme une famille vers laquelle on revient quand on est perdu, à laquelle on s'attache pour la vie entière comme à un tout premier amour... Le Théâtre comme un souffle aux dimensions enfin humaines dans l'ouragan Cinéma"... 

Jacques Cassard : Compositeur / Création sonore

Se forme au Conservatoire de Versailles. Joue dans des orchestres, accompagne des chanteurs, se passionne pour l'arrangement et à la composition musicale : à son actif : Environ 100 films et audiovisuels pour la TV, 60 créations théâtrales (TNC, Th. des Amandiers, Th. du Rond-Point…), créations sonores pour des espaces muséographiques, performances dans des espaces urbains, productions multimédia… Il travaille avec F. Billetdoux, D. Soulier, D. Mesguich, A. Bourgeois, M. Galabru, Nicole Calfan,  E. E. Schmitt, J. Gamblin…

Jacques Codogno : Création scénographique

Travaille seul, au début, se frayant un passage au milieu de livres sur les grands maitres, les techniques, les écoles puis fait quelques pas en ateliers de groupe et rencontre W. Clochard... Il continue et ce sont les expos,  les galeries, les salons... Enfin son chemin s'ouvre sur Les décors de Théâtre : Il travaille pour la Cie du Théâtre depuis sa création... "La solitude est vraie pour l'artiste peintre tandis que le décorateur/scénographe, fait partie d'un projet, existe dans un groupe humain... C'est peut-être pour ça... "

Lucie Plessis : Création graphique

Un BTS Assistant de gestion en poche, poursuit des études d'Art Plastique tout en travaillant à la Cidrerie traditionnelle du Perche (mission communication) puis s'envole vers l'univers du spectacle vivant. Elle imagine des supports de communication (Asso. Galapiat, collectif Pétaouchnock, le Festival du Perche, l'Asso. Printemps Gourmand, L'Asso. des Clous, la Cie Aire de Cirque), illustre un livre sur le Cirque (Cie Le Filet d'Air, Cirque du Docteur Paradis, Cie Aire de Cirque…), crée des cartes postales, des visuels pour vêtements…