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Il est trop Fort, mon Papi !

de Céline Codogno.

Pièce pour le jeune public à partir 3 ans.

Texte soumis aux droits d'auteur

Création : décembre 2006

(Distribution : Sandra Calderan, Céline Codogno et Alexandre Colas.)

Reprise : décembre 2010

(Distribution : Amandine Plessis, Céline Codogno et Pascal Cotinat.)

3 à 6 Comédiens.

45 Minutes environ.

Thème : Métaphore poétique autour de la mort.

6 Personnages :

- Salomé, la petite fille.

- Papi, le grand-père de Salomé.

- Croquette, le chat de Salomé qui est devenu énorme au pays où les chats ne meurent jamais.

- Loustik, le chien du pays où les chats ne meurent jamais.

- La fée Mona, l'amie de papi qui ressemble à s'y méprendre à mamie Monique.

- Maman, la maman de Salomé.

L'HISTOIRE

Salomé est très triste...
Son papa et sa maman sont partis faire un très long voyage. Ils ont dit qu'ils faisaient un voyage d'amoureux...
En plus, son chat adoré vient de mourir...
Et elle, elle doit rester tout ce temps avec son grand-père.
Quelle horreur!...
Tout le monde sait qu'on s'ennuie terriblement avec les "vieux "...

Mais Salomé se trompe.
Son grand père a des connaissances fabuleuses. Non seulement il sait super bien raconter les histoires mais en plus, il connaît une fée qui peut les emmener, chaque soir après l'école, dans un monde imaginaire différent...

Quel monde Salomé va-t-elle choisir cette fois ?... Celui des sucreries ?... Celui des princesses trop belles ?... Celui des chiens-vaches ?... Celui du rire?... Celui des larmes ?... Celui des souvenirs oubliés ?...

En fait, la petite fille voudrait bien que la fée l'emmène au pays où les chats ne meurent jamais.............. C’est parti !...

Salomé retrouve son chat mais il est plus grand qu’elle...
C’est très normal au pays où les chats ne meurent jamais. S'il est si gros, c'est parce que l'amour que Salomé avait pour lui était si fort qu'il a grandi, grandi, grandi...

L'AUTEUR

L’auteur est une femme. Elle a écrit une quinzaine de pièces pour le jeune public dont trois sont publiées aux éditions “le Griffon Bleu”.
D’écoles en écoles, de villages en petites villes, de salles polyvalentes en théâtres, ces pièces ont été vues par environ 69 000 enfants en 10 ans...
Voilà pour le CV... Le reste de sa vie est semblable à n’importe quelle autre vie... Donc certainement complètement différente...

Pourquoi le jeune public ?
Le jeune public est une fontaine de jouvence...
Le jeune public ne pardonne pas... Il aime ou il n’aime pas...
Il n’a pas encore appris à faire semblant...
Il est sincère...
Il est juste... ou pas...
Il oblige l’auteur, l’acteur, le metteur en scène à être vigilant, se remettre en question, à se renouveler sans cesse...

Ecrire pour les enfants ne signifie pas se mettre à la place d’un enfant, ni être resté un grand enfant, ni même et surtout pas donner des leçons de vie aux enfants...
C’est essentiellement ne pas oublier qu’on a été un enfant... Ne surtout pas oublier que l’enfance appartient aux enfants...

Pourquoi le thème de la mort ?

Aborder des sujets de vie à travers le conte permet de laisser au public sa part d’imagination et d’interprétation...

Pourquoi avoir choisi le thème de la mort ? “Et pourquoi pas ? La mort nous parle de la vie...
Et d’abord, la pièce ne parle pas de la mort, elle parle d’amour... D’amour même au-delà de la mort...Vous n’étiez pas médium, vous, quand vous étiez petit ?... Peut-être avez-vous oublié !...
Un enfant peut voir et entendre beaucoup de choses mais il est de la responsabilité de l’adulte de faire attention à “comment” on le lui dit”...

Quel but ?
Premièrement, s’amuser, rire, s'émouvoir, passer ensemble un moment très agréable...
Et puis aussi, soulever des questions... des réflexions sans nécessairement apporter de réponse... Ce n’est pas le rôle de l’auteur... Bien sur, il donne un avis... mais ça reste un avis... le sien... Le metteur en scène apportera sa propre vision du propos... Puis les comédiens ajouteront leur interprétation des choses...
Enfin les spectateurs accuseront réception du tout avec une sensibilité propre à chacun d’entre eux...

LA PIECE

(Le Décor est masqué par des tentures noires. Au début du spectacle, les personnages sont isolés soit en avant-scène, soit sur un côté de la scène. En tous cas, la lumière doit contribuer à cet isolement. Musique. On entend d'abord la Voix de Salomé et celle de sa maman en Coulisse.)

SCENE PREMIERE (Salomé, Maman)

VOIX DE SALOME : Pourquoi vous ne voulez pas m'emmener ?

VOIX DE MAMAN : Nous t'avons déjà expliqué, Salomé. Ton père et moi, nous partons faire un long voyage…

VOIX DE SALOME : En amoureux, oui, je sais ! (Elle entre sur la fin de sa réplique, suivie de maman qui porte la valise)

MAMAN : De toute façon, il n'est pas question que tu manques l'école!

SALOME : Ça aussi je le sais, mais je ne veux pas rester avec papi ! Il est trop vieux, il n'est pas drôle, il est tout le temps en train de faire la sieste et en plus il ronfle super fort et...

MAMAN : Stop ! C'est comme ça et tu ne discutes pas ! Allez, prends ton sac et va voir papi !

SALOME : Tu ne viens pas faire un bisou à papi ?

MAMAN : Mon train est dans une heure. Ton père m'attend. Ma valise n'est pas faite et… et ton grand-père comprendra!

SALOME : Mais maman, pourquoi tu ne veux pas que je reste chez une copine ?

MAMAN : Salomé ! Ce n'est pas le moment de discuter de ça ! Prends ton sac et va voir papi !

SALOME : Ce n'est jamais le moment de discuter de rien avec toi !

MAMAN : Salomé... S'il te plait… Prends ton sac et va voir papi !

SALOME : C'est bon, j'y vais ! Au revoir maman !

MAMAN : Allez, au revoir ma chérie. Sois sage et amuse-toi bien. (Maman sort.)

SCENE II (Salomé)

SALOME : Sois sage et amuse toi bien. C'est ça !... Si au moins ils avaient la bonne idée de me ramener un petit frère ou une petite sœur !...

Papi !... Paaapi !... Paaapiiiii !!!... Ça commence bien ! Il n'est même pas là, ce vieux ronchon !...

Papiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !...

Il doit encore faire une sieste dans un coin... Ou alors, c'est qu'il bricole une de ses inventions stupides...

Papi, tu es là ?... (Marquer un temps assez long pour installer l'attente.)

Il y a quand même un truc bien, c'est que papi, il raconte super trop bien les histoires... Et des histoires que personne d'autre que lui ne connaît...

J'ai envie d'une histoire... tout de suite! Papi ! T'es où ?... Qu'est-ce que tu fais ?...

Je ne sais même pas où m'installer...

Et puis, je m'ennuie !...

Je m'ennuie déjà, alors deux semaines comme ça, je n'ose même pas imaginer...

D'ailleurs je n'imagine pas et je vais tout de suite régler ce problème...

C'est facile ! Quand je suis seule et que je ne sais pas quoi faire, je m'invente des amis. Je ferme les yeux et je pense très fort que j'ai un, deux, trois, dix, cinquante, cent, cent cinquante amis pour jouer avec moi... Ensuite j'ouvre les yeux et... (Elle voit les enfants dans la salle) Waouh !!! .... J'hallucine!... Ça a trop bien marché... (Elle fait mine de les compter très vite.) Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf... Vous êtes beaucoup, c'est chouette !... Bonjour !?!... (Laisser les enfants répondre...) Ha! Mais en plus, vous êtes là en vrai ! Vous allez bien ?... (Entre le grand père. Il doit surprendre Salomé.)

SCENE III (Salomé, Papi)

PAPI : Bonjour Salomé ! Bonjour les enfants !

SALOME : Papi !?!

PAPI : En personne. Bonjour Salomé !

SALOME : Mais, tu les vois ?

PAPI : Qui ?

SALOME : Ben eux !

PAPI : Evidemment ! Bonjour Salomé !

SALOME : Alors ça !... Bonjour papi !... Alors ça !

PAPI : Ha, quand même !

SALOME : Mais d'habitude, tu es...

PAPI : Vieux, pas drôle, tout le temps en train de faire la sieste et en plus je ronfle super fort. J'ai oublié quelque chose ?

SALOME :...

PAPI : Salomé, accepterais-tu de t'être trompée ?

SALOME : A propos de quoi ?

PAPI : A propos de vieux, pas drôle, tout le temps en train de faire la sieste etc. ...

SALOME : Ce n'est pas ce que je voulais dire papi...

PAPI : C'est pourtant très exactement ce que tu as dit, mais tu n'as pas répondu à ma question.

SALOME : Quelle question ?... Ha ! Oui... Bien sûr que j'accepte de m'être trompée ! D'ailleurs je suis déjà certaine de m'être trompée...

PAPI : Alors c'est parti !

SALOME : C'est parti ?

PAPI : Oui, c'est l'heure.

SALOME : L'heure de quoi ?

PAPI : L'heure de... tu verras bien. Plus de questions, où veux-tu aller ? Au pays des sucreries ?... Des couleurs de l'arc en ciel ? Celui des princesses "trop belles" ? Celui des chiens-vaches ? Celui du rire ?... Celui des larmes ?... Celui des souvenirs oubliés ? (Elle réfléchit un moment.)

SALOME : Je voudrais aller au pays où les chats ne meurent jamais !(Papi la regarde sans rien dire, un petit sourire tendre au coin de la bouche. Il attend qu'elle précise un peu sa pensée.)C'est parce que depuis que Croquette est morte, elle me manque beaucoup et je n'arrive pas à me dire que je ne la verrais plus jamais...(Papi ne répond toujours pas. On dirait qu'il attend quelque chose.)Mais bien sûr, ça n'existe pas, un pays où les chats ne meurent jamais...

PAPI : Tu paries ?

SALOME : Ce n'est pas drôle papi !(Dans le lointain, on entend une petite musique qui ira crescendo jusqu'à l'arrivée de la fée.)

PAPI : Ecoute...

SALOME : Je n'entends rien !

PAPI : Ecoute mieux...(Salomé fait signe qu'elle n'entend toujours rien.)Plus loin, écoute plus loin...

SALOME : Plus loin ?

PAPI : Oui, il y a une musique, plus loin... elle commence à venir...

SALOME : Ça y est, je l'entends... C'est beau...

PAPI : Ferme les yeux…

SCENE IV (Salomé, Papi, La fée Mona)

(La musique monte et les enveloppe. En même temps, la lumière baisse en intensité, on est presque au noir.

La fée Mona arrive et les emmène dans une sorte de tourbillon en musique, tout en disant la réplique qui suit. Ils sont séparés, chacun à un bout du plateau. Par la magie de la fée, Salomé et Papi retirent un à un les rideaux noirs qui masquent le décor comme s'ils enlevaient la nuit, jusqu'à découvrir tout à fait le décor qui est dessous. )

LA FEE MONA: Dissimulés sous les longs voiles obscurs de dame nuit la secrète, hors des limites du temps je vous ai conduit... Vous pénétrez maintenant dans un monde où l'imagination est reine et le cœur son roi... Ici l'amour est de rigueur et la mort n'existe pas...(La fée touche Salomé puis papi de sa baguette. Ils posent les derniers lambeaux de nuit, puis sortent de leur hypnose... Salomé reste ébahie par ce qu'elle découvre.)Bienvenue au pays où les chats ne meurent jamais…(Silence. Nous avons changé d'univers. Laisser agir un peu le silence.) Bonjour Salomé !

SALOME : Bonjour Madame...

LA FEE MONA: Madame ?... Tu entends ça Léon ? Madame !!!

SALOME : Vous vous connaissez ?

PAPI : Oh là, là oui, et depuis tellement longtemps qu'on ne sait plus depuis quand.

SALOME : En tout cas, vous êtes bien une dame ?

LA FEE MONA: Je suis la fée Mona et je viens d'exaucer ton vœu...

SALOME : C'est vrai? (La fée lui fait signe que oui.)C'est vrai ? (Papi lui fait signe que oui.)Alors, je vais revoir Croquette ? (Les deux lui font signe que oui. Salomé se met à chercher partout en appelant son chat à tue-tête.)Croquette ! Viens mon chat !... Croquette !...C'est Salomé... Viens, je suis venue grâce à une fée qui... enfin je t'expliquerai... allez viens me voir....... Cro-o-quette !!!... Minou, minou, minou !...

Pourquoi elle ne vient pas ?

LA FEE MONA: Ne sois pas trop pressée, Salomé. Croquette va venir, mais quand elle en aura envie. C'est un chat, ne l'oublie pas ! (La Fée et Papi ont fait quelques pas vers la sortie.)

SALOME : Et vous, qu'est-ce que vous faîtes ?

PAPI : Nous ne voulons pas déranger vos retrouvailles.

LA FEE MONA: Nous allons faire quelques pas de promenade.

SALOME : Vous me laissez seule ?

PAPI : Tu ne seras pas seule longtemps, Croquette va arriver. Et puis, Mona et moi sommes de grands amis, alors nous aussi nous avons des tas de choses à nous raconter...

LA FEE MONA: A tout à l'heure, Salomé...

PAPI : A tout à l'heure... (Ils sortent en riant comme deux amis vraiment très complices.)

SCENE V (Salomé, Papi)

SALOME : On dirait mes parents, ces deux-là ! Toujours un truc à faire sans moi… Toujours quelque chose à se dire, que je suis trop petite pour entendre…Papi !... Papiii ! (Papi revient sur ses pas.)

PAPI : Quelque chose ne va pas ?

SALOME : Tout va bien mais je me pose une question.

PAPI : Ne te pose pas trop de questions. Tu sais, quand on pose trop de questions, en général, on n'aime pas toutes les réponses...

SALOME : Oui mais je voudrais en poser une, juste une... s'il te plaît ...

PAPI : Va pour une.

SALOME : C'est qui, la fée Mona ?

PAPI : Une fée… du pays des fées... (Papi cache quelque chose et ça se voit.)

SALOME : Oui, mais je trouve qu'elle ressemble hyper beaucoup à Mamie Monique...

PAPI : Ha ! Tu trouves ?

SALOME : Oui, et mamie Monique aussi tu l'appelais Mona. C'est un peu bizarre, tu ne trouves pas ?

PAPI : Un peu, je te l'accorde.

SALOME : Papi, tu te moques de moi et en plus, je suis sûre que tu me caches quelque chose !

PAPI : Je ne me moque pas de toi, je te taquine,... et oui... je te cache quelque chose mais je ne te dirai pas quoi maintenant. Voilà, si tu permets, Mona m'attend et il n'est pas convenable de faire attendre une fée...

(Il sort.)

SCENE VI (Salomé)

SALOME : Mais Papi !... Oh, j'en ai marre des adultes !... Il faut toujours attendre avec eux !...

C'est vrai ça, les grands, ça sait toujours tout mieux, mais ça n'a jamais le temps de nous expliquer...

N'empêche que moi, je trouve que la Fée Mona ressemble comme deux gouttes d'eau à ma mamie Monique, que mon papi Léon appelait Mona...

J'aurai bien voulu que papi me dise son secret...

Ça m'énerve d'être la seule à ne pas savoir...

Et puis Croquette qui n'arrive pas... Ça aussi, ça m'agace... Croquette !... Croquette !...

J'espère qu'elle va me reconnaître... On verra bien...

Croquette ! Cro-oquette ! S'il te plaît réponds-moi ! Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir rester là, alors dépêche-toi un peu...

Croquette ?... Croquette ?...

SCENE VII (Salomé, Croquette)

(Croquette entre dans son dos en chantant. Salomé entend d'abord la chanson qui lui rappelle quelque chose. Elle n'ose pas se retourner mais se met à chanter aussi.)

CROQUETTE : Dame souris trotte, noire dans le gris du soir,

Dame souris trotte, grise dans le noir.

Un nuage passe, il fait noir comme dans un four,

Un nuage passe, tiens, le petit jour...

CROQUETTE ET SALOME : Dame souris trotte, rose dans les rayons bleus,

Dame souris trotte, debout paresseux.

(La réplique suivante est débitée dans un grand enthousiasme sans laisser de temps à Croquette pour répondre.)

SALOME : Croquette ! Si tu savais comme je suis contente ! J'ai plein de trucs à te raconter ! Je suis venue avec mon papi Léon, parce que mon papi Léon il connaît la fée Mona. Tu te souviens de mon papi Léon ? Et puis tu la connais, toi, la fée Mona ? Tu te rends compte, une fée, une vraie fée, comme dans mes livres et c'est mon papi Léon qui est son copain. Il est trop fort, mon papi !... Tu crois que je vais voir des princesses aussi, et puis des Schtroumpfs ? Non, là je mélange tout... Il y a un marchand de glaces, ici ? Dis Croquette, je t'ai manqué ? Toi, tu m'as trop manqué. C'est chouette que tu parles comme moi ! Tiens d'ailleurs comment se fait-il que tu parles comme moi ?

CROQUETTE : C'est comme ça, ici, les chats parlent. Enfin, c'est-à-dire qu'avant je parlais aussi mais ici tu peux me comprendre. Et puis, je parle, je parle, si tu veux bien me laisser un peu la parole...

SALOME : Oh pardon Croquette, mais je suis tellement heureuse de te retrouver que je ne sais pas par où commencer, alors je voudrais tout dire en même temps et...

CROQUETTE : Et si tu commençais par le plus important ?

SALOME : Tu as raison, je dois t'avouer quelque chose...

CROQUETTE : Ce n'est pas ça le plus important.

SALOME : Mais tu ne sais même pas de quoi je vais parler.

CROQUETTE : Non, mais je sais ce qui est le plus important...

SALOME : Mais Croquette, il faut que je te dise...

CROQUETTE : Moi, je veux un gros câlin ! C'est ça le plus important.

(Et la chatte frotte sa tête sur la petite fille qui n'ose plus refuser un câlin à Croquette.)

SALOME : Ma Croquette adorée, tu n'as pas changé ! (Croquette montre son embonpoint)

CROQUETTE : Un petit peu, quand même... (Le câlin dure un peu, gratouilles et chatouilles, la chatte ronronne, puis Salomé reprend la parole, tout en continuant le câlin. Quand Salomé s'arrête, Croquette passe sa tête sous la main de la petite fille, comme un vrai chat qui veut des caresses.)

SALOME : Tu sais Croquette, j'ai entendu papa et maman parler l'autre jour.

CROQUETTE : Ron, et alors ?...

SALOME : Papa disait à maman qu'il fallait prendre un nouveau chaton pour te remplacer. Il disait que ça m'aiderait à t'oublier...

CROQUETTE : Ron, et alors ?...

SALOME : Et alors ?!... Mais moi je ne veux pas d'autre chaton !!! Moi, je ne veux pas t'oublier !!! C'est toi ma Croquette et il n'y en aura jamais d'autre !!!

CROQUETTE : Ron, C'est exact !

SALOME : C'est exact ? Non mais c'est tout ce que tu trouves à dire ? Je crois que tu ne te rends pas bien compte, Croquette ! Ils veulent que j'aime un autre chat que toi !

CROQUETTE : Ron, et alors ?

SALOME : Quoi, et alors ? Tu m'énerve avec tes "et alors"!...

CROQUETTE : Salomé, Salomé, calme toi ! Tu ne vois pas les choses de la bonne manière. Tu as dit que tes parents veulent t'offrir un autre chat, c'est bien ça ?

SALOME : Oui !

CROQUETTE : Un autre chat ?

SALOME : Oui-eu !

CROQUETTE : Donc, ce n'est pas le même ?

SALOME : Mais non, mais arrête, tu me prends pour une débile ou quoi ?

CROQUETTE : Écoute-moi... Un autre chat ne peut pas me remplacer. Il n'y aura jamais d'autre Croquette. Il y aura Croquette et l'autre minet.

SALOME : Mais toi, tu ne seras pas là ?

CROQUETTE : Moi, je serais toujours là. Dans le fond de ton cœur. C'est ma place, mais je veux bien la partager. Je suis plutôt grande pour un chat, mais je sais qu'il y a assez de place quand même.

SALOME : Tu crois ? Je ne risque pas de t'oublier ?

CROQUETTE : J'en suis plus que sûre.

SALOME : Mais...

CROQUETTE : Sais-tu pourquoi je suis devenue aussi grande? (Salomé fait signe que non)… C'est parce que tu m'aimes tellement fort que j'ai grandi, grandi, grandi autant que tu m'aimes.

SALOME : Alors, plus je t'aime et plus tu deviens grande ?

CROQUETTE : Au pays où les chats ne meurent jamais, c'est comme ça !

SALOME : Et si je t'aime encore plus fort, tu deviendras grande comme la tour Eiffel ?

CROQUETTE : Pourquoi pas ? Et si on parlait d'autre chose maintenant ? J'ai envie de jouer, moi !

SALOME : D'accord, tu as une baballe ? Une souris en caoutchouc ? Un ressort bondissant qui dévale les esc...

CROQUETTE : Alors, maintenant que tu me comprends quand je parle, j'en profite pour te dire que je déteste les baballes, les souris en caoutchouc, les ressorts bondissants et autres joujoux pour chats sous-développés.

SALOME : Ah bon ? Alors à quoi tu veux jouer ?

CROQUETTE : Te souviens-tu de ton costume de princesse du désert ?

SALOME : Oui, pourquoi ?

CROQUETTE : J'adore quand tu mets ce costume et que tu danses...

SALOME : Je suis désolée Croquette, mais je ne sais pas du tout ce que j'en ai fait, et puis, de toute façon, ça doit être beaucoup trop petit pour moi, maintenant... (Croquette sort le costume et le lui montre)

CROQUETTE : Tu veux bien l'essayer ?

SALOME : D'où tu sors ça, toi ?

CROQUETTE : Secret du pays où les chats ne meurent jamais... Tu veux bien l'essayer ?

SALOME : Allez, dis-le moi !

CROQUETTE : J'ai fait quelques courses au pays des souvenirs oubliés... Tu veux bien l'essayer ?

SALOME : Bon, d'accord !... Mais pas devant tout le monde.

CROQUETTE : Ho non, quand même ! Vas te cacher, moi, je t'attends là. (Salomé sort se changer en princesse.)

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